MONOGRAPHIE du BARBEAU FLUVIATILE – Barbus barbus

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MONOGRAPHIE  du BARBEAU FLUVIATILE – Barbus barbus

 

A.B.D.F ( association loi 1901)

 

 

Introduction:

 

Cette monographie a été faite pour  donner des informations concernant les  principaux buts de l’  Association Barbillons de France( A.B.D.F) et est diffusée dans un but  non lucratif.

Tout ce que nous diffusons  sur cette monographie est basé  dans le but de pouvoir partager et apporter des connaissances avec des sources  fondées sur des études, livres et nous tenons à en remercier les auteurs et de les citer ainsie que de partager leurs travaux. Cette monographie sera évolutive avec des mises à jours sur des nouveaux élèments permettant de pouvoir l’améliorer .

Nous espérons que cette publication vous apportera davantage la connaissance de ce fabuleux poisson qu’est le barbeau. Merci à Philippe Carriere de Filfish prods pour la superbe photo de couverture 

 

 Table des matières :

 

 

1 – Origine

2 – Présentation

3 – Morphologie

 4 – Mode de vie et Habitat 

5 – Alimentation

6 – Croissance

7 – Reproduction

8 – Hybridation

9 – Reproduction artificielle

10 – Risques pour l’espèce

11 – Risques sanitaires

12 – Intérêt pêche sportive

13 – Sources, Documentation et études divers

 

 

 

 

Photo (FILFISH PRODS)

 

 

 

Nom : Barbeau   fluviatile

Nom latin : Barbus barbus ( Linnaeus, 1758 )

Ang : Barbel   P.B : Barbeel ITA et ESP : Barbo

Noms familiers : Barbu, Barbillon.

Famille : Cyprinidés   sous famille : Barnidé

Osteichthyes ( poisson oseux ) 

 

Longévité : 25 ans (femelles +18 ans) ( Britton et pegg 2011)

 

 

 

 

1- Origine :

Originaire de l’Europe centrale (Danube),  on le retrouve pratiquement sur tout le territoire, sauf dans les départements de la Vendée, du Morbihan, Ille et Vilaine, Finistère, Manche, Calvados  et d’autres, répartis sur le Nord-Ouest de la France, ce sont principalement des rivières cotières .  

Il a été introduit en Angleterre en 1956 pour relancer la pêche sportive et pour son intérêt dans l’équilibre des écosystèmes ou il vie. 

carte de la répartition du Barbeau en France  lien 

 

 

 

2- Présentation:

Le barbeau (Barbus barbus) est un poisson extrêmement fragile et indispensable pour l’équilibre des écosystèmes,  avec la physiologie de sa tête, c’est  un poisson fouisseur,  plus particulièrement avec son nez et sa bouche protractile et lorsqu’ il  fouisse pour s’alimenter, il déplace les nombreux petits cailloux,  pierres et fonds sablonneux,  permettant de nettoyer ces zones qui servent de supports de pontes pour lui-même et d’autres espèces comme le goujon ;  la protection du goujon passe inévitablement par celle du barbeau.

 

Par sa manière de se nourrir, Il dégage des sédiments, libérant ainsi des milliers de microparticules, permettant aux petites espèces de tout l’écosystème  de se nourrir. Sans la présence des barbeaux, ces fonds sont amenés à dépérir et à rendre difficile le support de pontes pour les autres espèces et pour lui-même avec le risque d’un taux élevé de petites M.E.S (matières en suspension)  sur ces natures de fonds qui habituellement sont pratiquement inexistants. Sans le barbeau, de nombreuses rivières sont menacées.

 

 

3 – Morphologie: 

 

Dos verdâtre à brun foncé, flancs  plus clairs, souvent grisâtres et argentés (suivant les régions et cours d’eau)  – Bas du ventre  jaunâtre à blanc nacré

  • Corps allongé et fusiforme, dos légèrement bombé.
  • Tète longue et museau allongé partant légèrement vers le bas.
  • Œil : de taille moyenne,  noir, orné d’un liseré couleur or , le lobe oculaire est de couleur marron se finissant d’une couleur méttalique.
  • Bouche protractile inférieure. 2 lèvres épaisses et charnues, 2 paires de barbillons basés sur la lèvre supérieure

     

     

  • Ecailles : petites ( 56 à 65 écailles sur la ligne latérale).
  • Nageoires : Caudale, pelvienne et anale  assez bien développée / la taille du poisson ; de couleur  jaune, orangé,  rosé ( suivant les régions)
  • Dorsale : Dernier rayon dentelé et ossifié, haute et courte  de couleurs  presque identiques à la base du dos.

 

 

 

 

4 – Mode de vie et Habitat :

 

Poisson de fond, il vit en petit groupe principalement dans les zones dites « à ombre et à barbeaux »  dans des rivières et fleuves  à courant rapide et bien oxygénés. Il affectionne les  fonds rocheux, caillouteux et sableux, pouvant s’adapter à des fonds moins propices à son habitat de prédilection.

 Poissons en mouvement permanant, il peut se retrouver dans des profondeurs allant de 80 cm aux zones les plus profondes des cours d’eau,  Ils choisissent un secteur bien défini  suivant les saisons, (lors des périodes de crues, de froid et de reproduction ou une hyper mobilité peut se faire voir, plus de 10 kms  en une journée) . 

Durant une petite partie du printemps, l’été et l’automne, il se retrouve dans des eaux peu profondes ou il recherche sa nourriture (de l’aube au crépuscule),  le reste du temps il se déplace dans des zones plus profondes,  des caches  où le courant est plus faible pour se reposer. 

Durant la fin de l’automne et l’hiver il se retire dans les zones les plus profondes des cours d’eau, se nourrissant principalement  les fins d’après-midi dès que la température de l’eau est en dessous de 10 ° et à  partir de 4° il ne se nourrit plus (arrêt de l’activité trophique)

 

5 – Alimentation :

 

Omnivore, il se nourrit  principalement de nourriture carnée qu’il trouve en fouissant les fonds principalement caillouteux (Larves d’insectes, vers, écrevisses, mollusques,  œufs de poissons et petits poissons), il recherche sa nourriture dans les herbiers et durant l’été les larves d’éclosions en surface ou entre deux eaux.

 Le barbeau se déplace peu  en été pour trouver la nourriture, principalement  actif au crépuscule.

 

 

6 – Croissance:

Tailles respectives Mâle et femelle dans le Haut Rhône (Biologie des poissons d’eau douce européens (2e éd.)

–  1 ans M 40 / F 50 mm   2 ans M 69 / F86 mm  3 ans  M102 / F 128 mm  4 ans  M136/ 166 mm 5 ans 164 / F 195 mm 6 ans  : M 188/F228 mm 7 ans  M 216/F 259 mm 8 ans 241/F 290 mm 9 ans  259 / F 321 mm  10 ans 283 / F 354 mm  11 ans 308 / F 388 mm

Poids et taille maximal en France (femelles)  : 70 à 90 cm  /  5 à 7 Kg ( suivant cours d’eau)  dépassant rarement  + 1M/ +10 Kgs  – poissons plus développés en Outre-manche.

 

7 – Reproduction :

 

 

  • Période de reproduction: Mai / fin Juin   
  • sexe ratio: 1 femelle / 4-5 mâles               Maturité sexuelle :  F 7-8 ans( 28- 35 cm)  / M 4-5 ans ( taille non importante) 
  • Dimorphisme sexuel : mâle tubercule sur la tête et les flancs  durant la reproduction/ femelles beaucoup plus grandes 
  • Support de pontes : petits graviers ( 5 à 20 mm) Profondeur : maximum  30 cm   T°: < 13,5 ° 

 

–  Les lieux de reproduction peuvent être effectués  par des micros migrations allant de quelques centaines de mètres à plus d’une dizaine de kilomètres. Les secteurs de reproduction sont les mêmes tout au long de leurs vies.

– La femelle prépare un petit nid  dans un substrat de petits graviers, par des mouvements rapides avec sa caudale et son arrière flanc, puis elle  libère une petite quantité d’œufs lors de pontes fractionnées sur une durée de 10 à 11 heures , puis les mâles y déposent à leur tour la laitance.

– Nombres d’œufs : 30 000 à 35 000

 – Taille de l’œuf : 1,5 -2,3 mm (non comestible) visqueux .   Période d’incubation : 1 à 3 semaines

–  Larve : 9 mm – Vésicule résorbé 12 à 14 mm  

– La croissance est  plus rapide chez la femelle 

 

8 – Hybridation :

Une hybridation est possible entre le barbeau fluviatile et barbeau méridional , celle-ci est fréquente dans la partie amont  du milieu où réside le barbeau fluviatile et la limite aval du barbeau méridional,  il a été remarqué que les mâles hybride présentent une stérilité fonctionnelle limitant la fertilité des hybrides ( Phillipart et Berrebi, 1990)

 

 

 

 

9 – Reproduction artificielle :

 

Etudes de la reproduction artificielle:

Biologie de la reproduction du barbeau en captivité  (P.Poncin 1993) lien

l’étude d’élevage du barbeau en Wallonie réalisée par le Dr Vincent Gennotte  (professeur Centre de Formation et de Recherche en Aquaculture (CEFRA) Université de Liège ) 

l’élevage du barbeau en Wallonie  ( Vincent Gennotte, Christian Prignon ) 2016 Lien

 

10 – Risques pour l’espèce:

 

 

Le changement climatique

 les épisodes de sécheresse : Ayant pour conséquence des assecs provoquant  un niveau très bas et un débit  ralenti de ces rivières durant les périodes estivales et générant la montée des températures dans ces eaux, diminuant les taux d’oxygène , multipliant les risques d’agents pathogènes, développant  aussi la montée des nitrites et des nitrates, ce qui provoque l’apparition de nombreuses mauvaises herbes privant l’eau d’oxygène et d’éventuelles pollutions

Les fortes crues et précipitations: les champs bordant ces cours d’eau sont anormalement très riches en nitrate, à cause des exploitations agricoles intensives, ces forts taux de nitrate dans les rivières, L’écoulement des pluies entraîne de nombreux agents nocifs provenant des routes et évacuations d’eau par les égouts, tous ces facteurs provoquent un bouleversement dans la composition chimique des rivières et des fleuves. La faculté  de résistance au stress des changements chimiques de l’eau est  faible chez le barbeau et le goujon . 

La pollution: Les composants polluants se déposent au fond de ces rivières, rendant le substrat hautement toxique pour une grande population de poissons dont le barbeau. Certaines pollutions, au départ sur différents affluents  peuvent s’étendre à des fleuves et rivières, générant une impossibilité de la reproduction du barbeau, d’où l’importance de savoir où se situent  les zones de reproduction sur les affluents et sous affluents des fleuves et rivières.

Le piétinement des zones de frayères:  durant la période de reproduction et la période d’incubation. La dégradation des supports de pontes par des envasements de celles ci.

Les alevinages importants de truites arc en ciel  en rivière menacent les zones de reproduction du barbeau ; en effet les nombreuses truites non autochtones qui survivent longtemps après leur introduction en masse, vont se retrouver sur les zones ayant un taux d’oxygène élevé, les mêmes zones dans lesquelles le barbeau se reproduit, mettant ainsi en danger les œufs et les alevins et gênant  fortement la reproduction ;  une étude a démontré que les barbeaux méridionaux étaient en déclin quand les alevinages de truites se faisaient de manière déraisonnée.

L’aménagement des cours d’eau (travaux, constructions de barrages et de microcentrales électriques) peut détruire les zones de frayères ou empêcher la progression de sa micro migration lors de la période de reproduction, provoquant  l’isolement  des reproducteurs ;  l’extraction de gravier est également très néfaste. L’enjeu pour cette espèce est donc la préservation des zones d’habitats et de reproductions en limitant les prélèvements sur les zones de frayères.

L’activité croissante des pêcheurs professionnels et amateurs aux engins et filets: Le barbeau est aussi très recherché par les pêcheurs professionnels, pour son intérêt culinaire dans sa transformation en terrine, pourtant ce poisson fouisseur est certainement l’un des plus contaminés par les P.C.B et autres agents chimiques se trouvant dans nos rivières et fleuves  (études O.N.E.M.A).(6) 

 

 

 

11 – Risques sanitaires :

Parce que vivant assez longtemps et se nourrissant près du fond ou dans le sédiment éventuellement pollué, le barbeau fait partie des poissons fortement bio accumulateurs. En raison de sa propension à bio concentrer les métaux lourds, certains métalloïdes ou des polluants peu biodégradables tels que les PCB, furanes ou dioxines, il peut dans certains cours d’eau pollués  être interdit de pêche, de détention et de toute commercialisation.( ARS (Agence régionale de santé des Hauts de France) (3) 

 

 

12 – Intérêt pêche sportive:

La popularité du barbeau est en pleine expansion dans notre pays et surtout en Europe, le côté magique et la force de ce poisson ne nous laissent pas indifférents, chaque capture est unique, dès l’instant de la touche jusqu’à la remise dans son élément du prince de nos rivières. L’intérêt halieutique  du barbeau concerne toutes les techniques de pêches, que ce soit à la canne au coup, feeder, les carpistes  aussi rencontrent souvent  les Barbeaux, il n’est pas rare de voir un moulinet remplie de soie avec un superbe barbeau pris à la mouche et souvent les pêcheurs aux leurres se retrouvent surpris par les attaques de barbillons.  Il est le prince de nos belles rivières.

 

 

Sources :

 

  • (1)Biologie des poissons d’eau douce européens (2e éd.) Par Jacques Bruslé,Jean-Pierre Quignard lien 
  • (2)Bilan de 4 années d’étude du comportement reproducteur et de l’hybridation chez  le Barbus   barbus (l, 1758) et le Barbus meridionalis (risso, 1826).  PONCIN  1994. Lien
  • (3)Agence régionale de santé des Hauts de France ( A.R.S) lien 
  • (4)L’hybridation expérimentale de Barbus barbus et Barbus meridionalis : aspects physiologiques, morphologiques et génétiques ( 1990 ) Jean-Claude Philippart et Patrick Berrebi  . lien
  • (5)l’étude d’élevage du barbeau en Wallonie réalisée par le Dr Vincent Gennotte (professeur Centre de Formation et de Recherche en Aquaculture (CEFRA) Université de Liège ) Lien
  •  (6) Contamination des poissons d’eau douce par des contaminants  persistants : polychlorobiphényles (PCB),         dioxines, furanes, mercure. Etude des relations  biote-sédiment pour  les PCB. ( O.N.E.M.A 2012 ) Lien

 

Documentation et études divers :

  • Suivi national de la pêche aux engins (S.N.P.E) Période 2003 – 2012 Synthèse nationale (O.N.E.M.A 2014)  Lien
  • Simulation de l’habitat physique du barbeau fluviatile (Barbus barbus, L. 1758): choix des modèles biologiques et sensibilité de la réponse   ( M Pouilly- Y Souchon- P Roger) 1994  Lien
  • The introduction, spread and influence of the barbel (barbus barbus) in the river Severn, great Britain  .A.S. Churchward, P. Hickley and E. North , Severn-Trent Water Authority.Malvern, Worcestershire, England. Lien
  • Projets d’introduction  de la Barbel society.  Lien
  • Etude de la diversité génétique et de l’état des stocks des populations de barbeaux et de hotus en Wallonie. Amélioration des techniques d’élevage en vue de repeuplements raisonnés et de transferts de connaissances vers les pisciculteurs.  (Gennotte  V ,  Prignon  C, Dierckx A, Benitez J-P, Ovidio M, Michaux J,  Flamand M-Ch,   Mélard C) 2015   Lien

  • Evolution des densités du barbeau commun en France entre 1990 / 2009 ( O.N.E.M.A) Lien
  • Données de l’inventaire  national du patrimoine naturel pour l’espèce Barbus barbus ( I.N.P.N)  lien

 

 

 

 

 

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