Réflexion et étude concernant la protection de l’espèce Barbeau fluviatile (Barbus barbus) et l’espèce Barbeau méridional (Barbus méridionalis)

Association du Barbillon de France

 

Réflexion et étude concernant la protection

de l’espèce Barbeau fluviatile (Barbus barbus)

et l’espèce Barbeau méridional (Barbus méridionalis)

Association Barbillons de France

 

 

Association du Barbillon de France

2 Avenue de Bretagne

72160 Sceaux sur Huisne

Le 12 Octobre 2016

 

 

 

Envoi par lettre recommandé avec A/R  à :

Mme Ségolène Royal   Ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer.

 

Objet : Réflexion et étude concernant la protection de l’espèce Barbeau fluviatile

(Barbus barbus, Barbus fluviatilis) et l’espèce Barbeau méridional (Barbus méridionalis)

 

Introduction :

Vous trouverez dans ce courrier une longue réflexion qui  porte sur la pérennité des espèces barbeau fluviatile (Barbus barbus, Barbus fluviatilis) et barbeau méridional        (Barbus méridionalis). Ces deux espèces ont un intérêt halieutique très riche et  peu connu, notre association qui  a pour but la protection du barbeau, de son habitat et la promotion de sa pêche souhaite pouvoir apporter des réponses et développer des solutions en ce qui concerne la protection de ces deux espèces, sensibles à tous les dangers que peuvent rencontrer les autres espèces vivant dans l’ensemble de nos eaux. Vous trouverez d’une  part nos recherches et  constatations qui sont principalement  fondées sur différentes études,  d’autre part des  réflexions qui, nous le souhaitons, attireront votre attention en ce qui concerne une protection différente de ces deux espèces de barbeaux, les dangers qu’elles peuvent rencontrer sont similaires tout comme les conséquences. 

Les deux espèces de barbeaux,  le barbeau fluviatile ( Barbus barbus, Barbus fluviatilis  ) et le barbeau méridional ( Barbus méridionalis) sont en fort déclin dans beaucoup de rivières en raison de divers facteurs qui, au fil des années, risquent de devenir un réel danger pour la pérennité de ces deux espèces de poisson sur une grande partie du territoire. 

 

 

Le barbeau fluviatile

Le barbeau (Barbus barbus, Barbus fluviatilis ) est un poisson extrêmement fragile et indispensable pour l’équilibre des écosystèmes, avec la physiologie de sa tête, poisson fouisseur,  plus particulièrement son nez et sa bouche protractile et la façon dont il  fouisse en s’alimentant, il déplace les nombreux petit cailloux,  pierres et fonds sablonneux,  permettant de nettoyer ces zones qui servent de supports de pontes pour lui-même et d’autres espèces comme le goujon ;  la protection du goujon passe inévitablement par celle du barbeau.

Par sa manière de se nourrir, Il dégage des sédiments, libérant ainsi des milliers de micro particules, permettant aux petites espèces de tout l’écosystème  de se nourrir. Sans la présence des barbeaux, ces fonds sont amenés à dépérir et à rendre difficile le support de pontes pour les autres espèces et pour lui-même avec le risque d’un taux élevé de petites M.E.S (matières en suspension)  sur ces natures de fonds qui habituellement sont pratiquement inexistants . Sans le barbeau, de nombreuses rivières sont menacées.

Nous pensons à des projets de réintroduction et d’introduction dans les rivières où le barbeau fluviatile n’est pas présent : (départements de la Vendée, du Morbihan, Ille et Vilaine, Morbihan, Finistère, Manche, Calvados ) et d’autres, répartis sur le Nord-Ouest de la France, si la présence de substrat peut être un bon support de ponte (petits graviers) et que les débits de ces rivières soient assez élevés pour un bon équilibre de la vie de ce poisson (1)  ; son introduction en Angleterre a été un très grand succès en 1956 (1b), avec des suivis scientifiques qui ont démontré que le barbeau n’avait pas d’impact négatif sur les biotopes existants, en 2016 le barbeau est présent dans pratiquement toutes les rivières d’Outre-Manche.  De nombreux programmes d’introduction se font encore à ce jour par la Barbel society(2). Nous bénéficions de leur soutien pour l’évolution de l’A.B.D.F notamment pour le développement de notre projet d’agrotourisme. 

Bien plus que l’intérêt de sa pêche, celui-ci a aussi une importance pour l’équilibre de l’écosystème, démontrée par une très grande étude réalisée sur la diversité génétique et de l’état des stocks des populations de barbeaux et de hotus en Wallonie de 2012 à 2015 (3) et  l’étude d’élevage du barbeau en Wallonie réalisée par le Dr Vincent Gennotte  (professeur Centre de Formation et de Recherche en Aquaculture (CEFRA) Université de Liège ) (4)  qui est attentionné à la partie recherches et études de notre association.  Nous aimerions réussir à pouvoir développer  avec les différents organismes la partie scientifique de notre projet (5),  il y a tant encore à connaitre de l’évolution de cette espèce , en observant certaines photos de barbeaux  nous constatons des aspects totalement différents selon leur habitat dans certaines rivières de France, nous pensons qu’une hybridation ou autres évolutions de ces deux espèces soit possible et  qu’elle peut être différente de l’hybridation la plus courante(6)  encore à ce jour inconnue scientifiquement. Les résultats attendus de cette recherche scientifique nous aideront à mieux assurer leur protection avec l’envie de  partager nos recherches avec les techniciens et organismes. Le seul document de recensement de cette espèce date de 2012,  réalisé par l’O.N.E.M.A de 1990 à 2009 avec une mise à jour faite en  2012 (7) nous constatons que la population du  barbeau fluviatile dans certains cours d’eau est en forte hausse alors qu’elle est déclin permanent dans certains autres cours d’eau. Il existe un risque  exponentiel et réel de sa disparition  dans certaines régions de France,  dont  les différentes causes sont développées dans le texte ci-dessous.  Nous  pouvons participer à ces recherches grâce notamment aux tableaux de captures que nous avons mis en place dès l’ouverture de notre association (8), nous demanderons aux différentes fédérations de le partager afin de recueillir un maximum d’informations  en vue  d’apporter notre soutien logistique aux études de différents organismes.

 

Le barbeau méridional

Le barbeau méridional  (Barbus meridionalis) étant classé liste rouge mondiale de l’UICN (évaluation 2006), liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (2009), liste rouge européenne de l’UICN (évaluation 2006),  classé  N.T : Quasi menacé (espèce proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservations  spécifiques n’étaient pas prises). La conservation du barbeau méridional  se fera sur du long terme dans une amélioration globale du fonctionnement des écosystèmes d’eau douce.

Nous suggérons  que l’utilisation comme vif soit interdite, qu’un programme de sensibilisation soit mis en avant afin que les pêcheurs de différentes techniques prennent conscience de la fragilité de cette espèce,  la pratique de certaines techniques qui sont de pouvoir se déplacer dans l’eau ( leurres, mouche, pêche à roder) soit mieux structurée surtout lors des périodes de reproduction du barbeau, malheureusement certaines ouvertures de pêche spécifiques se situent en pleine période de reproduction,  incluant la période des congés d’été,  qui amènent dans beaucoup de régions dites touristiques et par la progression du tourisme fluvial des nombreux piétinements des zones de frayes et les désagréments d’une augmentation des sédiments dans ces zones. Il serait bon de pouvoir prévenir le public de la présence et de la vulnérabilité de ces zones afin d’en assurer une meilleure protection.

 Nous allons démarcher auprès des fédérations départementales et organismes des départements où le barbeau méridional est présent ; L’Ariège, Pyrénées orientales,  l’Aude, le Tarn, L’Hérault, l’Aveyron, La Lozère, les Bouches du Rhône, Gard, Vaucluse, l’Ardèche,  la Drôme, Alpes de hautes Provence, le Var, Alpes maritimes, Hautes Alpes, Isère, Rhône et Lot  pour qu’une réflexion générale soit apportée sur une réelle protection de l’ espèce et apportons notre soutien à celles-ci pour l’évolution de la protection du barbeau méridional,  en partageant les différentes analyses et recherches de notre association et le travail effectué par ces fédérations (9).

 

Risques pour ces deux espèces

 

La pollution. 

  • Des grandes agglomérations jusqu’à nos campagnes, de plus en plus de cours d’eau sont  tristement pris pour des déchetteries à ciel ouvert, partout en France.  Il est essentiel  que les infrastructures et la gestion de l’organisation soient étendues et développées avec les différentes associations locales qui auront à cœur de donner leur soutien technique et humain à des projets de nettoyage avec les collectivités locales.

 

  • Il y a de plus en plus de rivières touchées par de fortes pollutions, entrainant la mortalité de toutes espèces vivantes dans ces cours d’eau, ayant pour conséquence la disparition progressive de la flore et de la faune piscicole sur du long terme, ce qui constitue un réel cri d’alarme.

 

  • Les composants polluants se déposent au fond de ces rivières, rendant le substrat hautement toxique pour une grande population de poissons dont le barbeau. Certaines pollutions, au départ sur différents affluents  peuvent s’étendre à des fleuves et rivières, générant une impossibilité de la reproduction du barbeau, d’où l’importance de savoir où se situent  les zones de reproduction sur les affluents et sous affluents des fleuves et rivières.

 

  • Des lacs et plans d’eau ont été très affectés par les cyanobactéries, les vidanges partielles ou intégrales, mal gérées et non étudiées conduisent à de grands risques pour l’ensemble de la faune et la flore de ces rivières et ruisseaux se trouvant en aval de ces vidanges.

 

Aménagements de cours d’eau

  • L’aménagement des cours d’eau (travaux, constructions de barrages et de microcentrales électriques) peut détruire les zones de frayères ou empêcher la progression de sa micro migration lors de la période de reproduction, provoquant  l’isolement  des reproducteurs ;  l’extraction de gravier est également très néfaste. L’enjeu pour cette espèce est donc la préservation des zones d’habitats et de reproductions en limitant les prélèvements sur les zones de frayères.

 

 

Le changement climatique (sécheresse et crues)

 

Episodes de sécheresse

  • Les fortes chaleurs que nous rencontrons de plus en plus souvent se répandent sur l’ensemble du territoire, ayant pour conséquence des assecs qui se multiplient dans maintes rivières, provoquant  un niveau très bas et un débit  ralenti de ces rivières durant les périodes estivales et générant la montée des températures dans ces eaux, diminuant les taux d’oxygène dont le barbeau a besoin pour vivre, multipliant les risques d’agents pathogènes, développant  aussi la montée des nitrites et des nitrates, ce qui provoque l’apparition de nombreuses mauvaises herbes privant l’eau d’oxygène et d’éventuelles pollutions.  Les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires contribuent au  réchauffement des fleuves par les rejets d’une  eau à plus de 24°  durant les périodes de fonctionnement.

 

  • Le barbeau fluviatile est en fort déclin dans de nombreuses rivières, les derniers épisodes de sécheresse sont très inquiétants notamment sur les petites rivières des départements de la Vienne ( le Clain),  de la Creuse ( la Gartempe ), du Gard (le Gard et la Cèze), et bien d’autres dont nous n’avons pas eu les informations nécessaires pour les indiquer. Afin de minimiser les risques de sa disparition dans ces rivières, nous pensons qu’il serait souhaitable d’obtenir des arrêtés préfectoraux afin de pouvoir l’interdire comme vif pour la pratique de cette pêche,  Il est aussi bon de savoir que les barbeaux fluviatiles mâles sont bien plus petits que les femelles, et que leur utilisation en tant que vif dans les rivières où il est déjà menacé peut engendrer un déséquilibre sur le sexe ratio ;  qu’il soit possible que ces captures soient exclusivement classées en remise à l’eau obligatoire pour toutes les techniques de pêche, que la conservation en bourriche et  la mise en sac de conservation soient interdits, que les pêcheurs de toutes techniques soient avertis de ces mesures et qu’elles soient rapidement applicables, qu’une étude soit apportée pour les autorisations  sur les rivières citées ci-dessus en attendant les prochaines études faites sur le cheptel de celles-ci.

 

 

  • Nous allons démarcher les fédérations et organismes des départements concernés ci-dessus pour qu’une réflexion générale soit apportée pour une réelle protection de l’espèce et de l’ensemble de la population piscicole sur les rivières ayant connu des assecs répétitifs durant les périodes estivales. Afin de pouvoir gérer la protection du barbeau en ce qui concerne les périodes de sécheresse, il serait fort constructif  de pouvoir mettre en place des interdictions de pêche dès lors que le débit de la rivière est insuffisant pour la survie des poissons. Nous relayerons toutes les informations que les fédérations partageront sur les mises en garde.

 

  • A noter que l’A.B.D.F a mis en place depuis le 23 Juillet 2016 un document « Vigilance Assecs » (10)avec des recommandations concernant les risques engendrés sur une rivière dont le débit  et le niveau sont nettement plus bas que la normale avec des informations, dont l’agenda des Fédérations de pêche de France,  de l’O.N.C.F.S,  de l’O.N.E.MA,  avec les coordonnées de celles-ci pour que l’ensemble des autorités soit averti et que soient établies des mesures nécessaires pour le bien être de la faune et la flore.

 

Les fortes crues

  • Le débit très élevé de nos rivières concernées par les fortes crues est dévastateur pour toutes les espèces, avec un impact très négatif sur les œufs et les alevins des barbeaux, ces périodes coïncidant avec la reproduction du barbeau fluviatile. Par ailleurs, les champs bordant ces cours d’eau sont anormalement très riches en nitrate, à cause des exploitations agricoles intensives, ces forts taux de nitrate dans les rivières, générant à la base l’apparition d’une pollution invisible et provoquant une végétation indésirable, prive l’eau d’oxygène. L’écoulement des pluies entraîne de nombreux agents nocifs provenant des routes et évacuations d’eau par les égouts, tous ces facteurs provoquent un bouleversement dans la composition chimique des rivières et des fleuves. La faculté  de résistance au stress des changements chimiques de l’eau est bien plus faible chez le barbeau et le goujon que chez les autres cyprinidés.

 

  • Pour le barbeau méridional, ces périodes de crues intensives conduisent à une forte dispersion de celui-ci, amenant un déséquilibre des cheptels et de sa population pouvant se retrouver dans des zones inadaptées pour sa survie.

 

 

 

Les alevinages déraisonnés de truites arc en ciel.

  • Certains alevinages importants de truites arc en ciel en rivière menacent les zones de reproduction du barbeau ; en effet les nombreuses truites non autochtones qui survivent longtemps après leur introduction en masse, vont se retrouver sur les zones ayant un taux d’oxygène élevé, les mêmes zones dans lesquelles le barbeau se reproduit, mettant ainsi en danger les œufs et les alevins et gênant  fortement la reproduction ;  une étude a démontré que les barbeaux méridionaux étaient en déclin quand les alevinages de truites se faisaient de manière déraisonnée.

 

  • Nous allons démarcher afin de pouvoir sensibiliser les fédérations qui ont pour coutume de faire des lâchers de truites disproportionnés par rapport à ce qu’une rivière peut accueillir, afin que ces alevinages intensifs subissent des réglementations plus strictes  et soient suivis dans un cahier des charges .

 

 

Le braconnage et les lignes de fonds réglementées et les pêcheurs professionnels :

  • La loi autorise « les lignes de fond munies pour l’ensemble d’un maximum de 18 hameçons, eschées au ver de terre uniquement, pendant la période d’ouverture de la pêche de l’anguille. La détention d’une autorisation préfectorale est obligatoire. » Ces lignes de fond sont un vrai piège et pas seulement pour le barbeau (poisson vivant exclusivement en petit groupe) , un grand nombre de barbeaux risquerait de se retrouver pris au piège de ces montages, la plupart ne résisteraient pas à la force de ce poisson,  ayant pour conséquences des séquelles irréversibles sur une forte population en peu de temps.

 

  • Nous savons très bien que beaucoup de personnes exercent le braconnage en utilisant des lignes de fonds,  ces fils étant de très forts diamètres et attachés souvent aux pieds des arbres. Ce sont toutes les espèces qui sont menacées par ce fléau. Il  a été constaté que certains pêcheurs introduisaient des barbeaux en eaux closes,  pour assouvir un plaisir de la pêche que la force de ce poisson procure ; avant que ce phénomène ne se généralise et se banalise, nous vous avons soumis une proposition de modification sur un article du code de l’environnement (Article 17 ( 5ème) , qui permettrait d’ éviter une dérive supplémentaire  de la pêche dite sportive,  ces introductions amèneraient principalement un mal être chez ces poissons  qui ont besoin d’un fort taux d’oxygène pour vivre et de la rivière pour se reproduire,  nous ignorons à l’heure actuelle si une introduction en masse ne provoquerait pas un déséquilibre de l’écosystème des eaux closes. 

 

  • Le barbeau est aussi très recherché par les pêcheurs professionnels, pour son intérêt culinaire dans sa transformation en terrine, pourtant ce poisson fouisseur est certainement l’un des plus contaminés par les P.C.B et autres agents chimiques se trouvant dans nos rivières et fleuves  (études O.N.E.M.A)  (11).
  • De nombreux pêcheurs professionnels se sont installés près des rivières et fleuves où le barbeau méridional est présent. Il y a des risques que cette espèce étant classée sur la liste rouge des espèces menacées soit prise dans les mailles de leurs filets. Ces prélèvements dans les rivières et fleuves du barbeau méridional est très néfaste pour la préservation de l’espèce, avec le risque accru  que ce soient les plus beaux géniteurs (principalement les femelles  qui ont une taille beaucoup plus développée )qui se retrouvent coincés dans les mailles des filets posés,  ce qui provoquera  sur du long terme un déséquilibre du sexe ratio pour la reproduction de l’espèce. Ce dérèglement du sexe ratio peut avoir les mêmes conséquences dans beaucoup de rivières sur l’ensemble des populations de barbeaux fluviatiles. D’après le rapport du  Suivi national de la pêche aux engins (S.N.P.E) de la période de 2003 à 2012, le barbeau est l’un des poissons le plus pêché, « la pêche du barbeau reste plus profitable  pour les professionnels avec un taux de capture de 25,2 kg/sortie. Pour le Barbeau, en 2010 et 2011, les CPUE dépassent les valeurs habituelles avec respectivement 73 et 42kg/sortie, au point que la pêche du barbeau devient plus importante que la pêche de la carpe. » (12)

 

 

Les Pêcheurs :

  • De nombreux pêcheurs utilisent encore des hameçons double ou triple pour pêcher en ligne de fond le barbeau ( ou autres poissons), ces montages sont un très grand danger pour ce poisson,  une rupture de la ligne et le poisson se retrouvant avec un hameçon triple dans la bouche a peu de chance de pouvoir se débarrasser de ce piège,  occasionnant de très graves séquelles et une mort lente dans le pire des cas.

 

  • La mauvaise manipulation lors de sa capture pour les pêcheurs souhaitant relâcher leurs prises fait aussi partie d’un des dangers que ce poisson peut rencontrer, nous avons mis en place le « code du pêcheur de barbeau » (qui avait déjà été mis en place dans les années 90 par la Barbel society en Angleterre), nous souhaitons qu’il soit partagé par toutes les fédérations de pêche en 2017. (13)

 

  • Notre démarche est aussi d’obtenir un bon comportement des pêcheurs pour que la pesée et remise à l’eau du barbeau se fassent automatiquement, surtout les moyens et gros spécimens. Nous essaierons de sensibiliser certaines instances de compétition afin que cette pratique entre dans les règlements de concours de pêche feeder et coup, nous savons très bien que la logistique durant certains concours sera difficile à mettre en place, mais sur certaines compétitions, il est tout à fait possible de réaliser des pesées sans déranger le bon fonctionnement de la compétition.

Une meilleure considération des poissons amènera une bonne réflexion pour l’ensemble d’un public et surtout pour les générations futures, le barbeau fait partie de notre patrimoine halieutique, il doit, comme chaque espèce, recevoir l’attention nécessaire de tout pêcheur croisant son chemin.

 

 

Propositions  de modification des règlements des compétitions pêches sportives  (coup et feeder) :

Nous souhaiterions obtenir  le changement de certains règlements des compétitions de pêches sportives au feeder et au coup :

  • Que le barbeau d’une taille supérieure à 30 cm soit automatiquement pesé et relâché sans qu’il soit  stocké  dans une bourriche en surpopulation,  ce qui occasionnerait de très grands risques chez ce poisson.

 

  • Afin que des compétitions sous le nom de « pêche du Barbeau » puissent se dérouler en incluant une partie durant la nuit, nous vous sollicitons d’ajouter le nom de l’espèce barbeau avec celui de la carpe, sur les autorisations des parcours spécifiques de pêche de nuit, afin que ces compétitions puissent être réalisées en toute légalité.

Proposition de modification d’article du code de l’environnement :

Nous souhaitons  que des études et réflexions soient menées par les différents organismes, fédérations et associations  afin de modifier certains articles des lois en vigueur sur l’environnement  comme :

  • D’utiliser le barbeau méridional ( Barbus méridionalis) en tant que vif (appât vivant ou mort) 

 

  • L’interdiction de mettre les espèces barbeau fluviatile et barbeau méridional dans un sac de conservation (comme la carpe) pour des raisons de sécurité du poisson, mais aussi pour éviter les risques que des poissons spécimens soient soumis à un éventuel transport illégal et qu’ils se retrouvent en eaux closes.

 

  • D’introduire un barbeau fluviatile en eau close ou une autre rivière que celle où il a été pêché.

 

  • L’interdiction d’introduire le barbeau fluviatile dans les petites rivières où le barbeau méridional est présent,  en raison de la concurrence  qui peut emmener à la disparition du barbeau méridional due  à l’hybridation des 2 espèces qui engendrerait sur du long terme une régression, voire une extinction de l’espèce méridionale sur ces cours d’eau. A noter qu’il y a des fleuves et rivières ou cette hybridation est présente et que cet arrêté serait justifiable pour les rivières ou la présence du barbeau fluviatile est inexistante.

 

  • L’interdiction de transporter un barbeau méridional.
  • L’interdiction de transporter un barbeau fluviatile de plus de 40 cm vivant.

 

Conclusion :

 

 Nous souhaitons vraiment que ce courrier apporte une ouverture possible afin de trouver des solutions pérennes en vue de protéger efficacement ces deux espèces, en collaboration avec les différents organismes et fédérations.

Nous restons sensibles à l’ensemble de la faune et de la flore de nos magnifiques cours d’eau. Nous sommes persuadés que l’avenir de l’ensemble de la population piscicole passera par un travail en commun venant de diverses Associations indépendantes, des Associations agréées (A.A.P.P.M.A),  aux nombreuses Fédérations de pêche  départementales,  de la Fédération Nationale de pêche en France,  de tous les organismes agréés,  des Ministères de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la recherche , et de toutes les collectivités locales, départementales et régionales .

Je vous remercie, Madame la Ministre,  et l’ensemble des membres de votre ministère, de l’attention que vous voudrez bien porter à la présente, avec l’espoir que nous serons entendus pour la sauvegarde de ces deux espèces.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’assurance de mes sentiments très respectueux.

 

 

                                                                                                           Mr Vacher William

                                                                            Président de l’Association du Barbillon de France

 

 

 

 

 

 

 

Annexe

 

Sources

 

1    Simulation de l’habitat physique du barbeau fluviatile (Barbus barbus, L. 1758): choix des modèles biologiques et sensibilité de la réponse   ( M Pouilly- Y Souchon- P Roger) 1994  Lien

1b  The introduction, spread and influence of the barbel (barbus barbus) in the river Severn, great Britain  .A.S. Churchward, P. Hickley and E. North , Severn-Trent Water Authority.Malvern, Worcestershire, England. Lien

2    Projets d’introduction  de la Barbel society.  Lien

3    Etude de la diversité génétique et de l’état des stocks des populations de barbeaux et de hotus en Wallonie. Amélioration des techniques d’élevage en vue de repeuplements raisonnés et de transferts de connaissances vers les pisciculteurs.  (Gennotte  V ,  Prignon  C, Dierckx A, Benitez J-P, Ovidio M, Michaux J,  Flamand M-Ch,   Mélard C) 2015   Lien

4    l’élevage du barbeau en Wallonie  ( Vincent Gennotte, Christian Prignon ) 2016 Lien

5    Projet études et recherches du Barbeau ( A.B.D.F 2016) lien

6    Bilan de 4 années d’étude du comportement  reproducteur et de l’hybridation chez  le Barbus   barbus (l, 1758) et le Barbus meridionalis (risso, 1826).  P. PONCIN  1994.  Lien

7   Evolution des densités du barbeau commun en France entre 1990 / 2009 ( O.N.E.M.A) Lien

8   Tableaux de captures des barbeaux de France (A.B.D.F ) 2016. Lien

9   Etudes du Barbeaux méridional ( Barbus méridionalis)

                  1 – Barbeau méridional étude du  Siivu haute Siagne  dans les gorges de Siagne  Lien

                  2- Etude sur la répartition du Barbeau méridional (Barbus méridionalis)  dans les Monts d’Ardèche (fédération de pêche de l’Ardêche)  2003 Lien

                  3- Etude des populations de barbeau méridional du département du Rhône   Marine GLEIZE  (Rapport de stage mai – août 2009) Lien

10           Vigilance assecs 2016  par l’A.B.D.F  Lien

11           Contamination des poissons d’eau douce par des contaminants  persistants : polychlorobiphényles (PCB),         dioxines, furanes, mercure. Etude des relations  biote-sédiment pour  les PCB. ( O.N.E.M.A 2012 ) Lien

12             Suivi national de la pêche aux engins (S.N.P.E) Période 2003 – 2012 Synthèse nationale (O.N.E.M.A 2014)  Lien

13           Code du pêcheur de Barbeau par l’A.B.D.F  2016 Lien

 

 

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