La richesse piscicole des zones humides ( l’ouverture le 01 avril 2018 de la pêche de l’anguille)

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Date d’ouverture le 01 avril 2018 de la pêche de l’Anguille ( ce n’est pas un poisson d’Avril)

 

Et , non !!!! ce n’est pas un poisson d’Avril , l’ouverture de la pêche de l’anguille se fait dans beaucoup de départements, plus précisement sur certains bassins, le jour ou l’on fait des blagues qui sont téllement flagrante que personne n’ose y croire …  

A l’heure ou beaucoup de monde cherche à s’opposer à quelque chose pour le loisir pêche, cet article peut paraitre comme une revendication de plus parmi tant d’autres.

Depuis des années ,beaucoup de fédérations départementales, agences O.N.C.F.S, A.F.B , A.A.P.P.M.A, associations indépendantes, collectifs protègent le milieu aquatique et les poissons contre la bêtise humaine. La maltraitance sur une espèce de poisson qu’est le silure, le trafic de poissons dont les carpes sont principalement confrontées. Mais également des appels qui ont réuni  fédérations de pêche départementales, aappma, associations indépendantes pour des installations supplémentaires de pêcheurs professionnels dans certains départements et d’autres causes don une unité c’est faite pour défendre notre loisir et surtout protéger le milieu aquatique et les poissons.

Beaucoup des principaux acteurs de la protection du milieu aquatique  soulèvent régulièrement  l’opposition à la pratique de la pêche aux filets et aux engins , qu’elle soit pratiquée  professionnellement ou en amateurisme .Ces deux procédés  vont à l’encontre d’une vraie protection du milieu aquatique, quand ils sont pratiqués outrageusement et sur des lieux riches, fragiles et sensibles en biodiversité comme le sont les zones humides.

Il y a beaucoup de critères qui ne rentre pas en comptes lors des autorisations d’ouvrir des lots pour la pratique de cette pêche. Avec les précédents articles, nous avons démontré  que la pratique en amateurisme peut engendrer des complications et des dérives , que certaines zones d’une rivière doivent avoir une attention particulière ,les zones à barbeaux sont très riche en biodiversité , mais quand celles-ci se trouvent sur une zone classée humide , leurs statuts devraient avoir une protection particulière. Le site de Sceaux sur Huisne étant placé sur une zone humide, d’ou l’importance de mieux faire comprendre l’importance des zones humides par cet article.

 

La définition des zones humides:

 

 Les zones humides sont des régions où l’eau est le principal facteur déterminant l’environnement et la vie végétale et animale associée. On les trouve là où la nappe phréatique affleure et  là  où elles  sont proches de la surface du sol, ou encore là où la terre est recouverte par des eaux peu profondes.

 Les zones humides sont parmi les milieux les plus productifs du monde. Elles sont le berceau de la diversité biologique et fournissent l’eau et la productivité primaire avec un nombre incalculable d’espèces de plantes et d’animaux dépendants pour leur survie. Elles entretiennent de fortes concentrations d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’amphibiens, de poissons et d’invertébrés et servent  de greniers pour le matériel génétique végétal.

Source (Le Manuel de la Convention de Ramsar, 4e édition)

 

 

Plan Pré-localisation des zones humides de Sceaux sur Huisne:

 

 

 

 

Sources : Pré-localisation des zones humides en Pays de la Loire LIEN

 

 

Périodes de reproduction d’espèces présentes sur ce site à partir de la date d’ouverture le 01 avril 2018.

 

 

 

Les supports de ponte :

 

Les supports de ponte sont indispensables pour qu’une espèce puisse se reproduire, le site de Sceaux sur Huisne présente un très grand avantage par son emplacement sur une zone humide, par la morphologie de la rivière très chaotique, les différents substrats, la végétation.

 

 

notes concernants certaines espèces piscicoles :

 

  • Les cycles de reproductions sont pourvus de plusieurs étapes,  avant et après la ponte, les poissons durant plusieurs jours se nourrissent abondamment .Les vers de terre faisant partie du régime alimentaire de beaucoup d’espèces, les poissons géniteurs sont plus propice aux risque de se faire attraper durant l’avant et/ou l’après fraye.

 

  • L’espèce sandre: Le sandre garde son nid durant plusieurs jours, si celui-ci est attrapé , ce sont l’ensemble des œufs qui ne pourront pas arriver à terme. Les périodes d’ouverture de la pêche du sandre dans beaucoup de département sont autorisés à partir du 1 er mai, d’autre départements ont repoussés cette date d’ouverture plus tardivement au mois de Mai. .

 

  • Les  statuts de protection spécifiques pour l’espèce anguille, et de l’impossibilité de pouvoir donner  la valeur des stocks sur ce bassin de l’Huisne, sont des facteurs qu’il ne faut pas négliger pour une meilleure protection de l’espèce.

 

  • L’espèce barbeau:  ce site comporte une zone de frayère de cette espèce , sachant que le barbeau se regroupe en nombre très élevé, que son comportement alimentaire le fait se nourrir principalement un peu avant le coucher du soleil au petit matin  le rend vulnérable lors des heures ou les lignes de fonds ou autres engins peuvent y être déposés.  La croissance très lente du barbeau et le prélèvement élevé des géniteurs , risquent sur du long terme à l’épuisement du cheptel.

 

  • L’espèce brochet: les brochets  trouvent en ces prairies inondables des supports de ponte idéals, la température de l’eau doit être de 15° pour qu’ils se reproduisent , une fois la reproduction terminée , ils se retrouvent  dans ces zones de la rivière à partir du mois d’Avril/Mai suivant la T° de l’eau.

 

 

  • Les espèces Carpe et Tanche :Les carpes et tanches viennent également se reproduire en ces lieux, se retrouvent sur cette zone durant plusieurs jours, voire semaines, d’avril en juin. Les plus beaux géniteurs se font de plus en plus rare, alevinages inexistant pour ces espèces ,le braconnage, les fortes crues amenant les poissons à se retrouver dans des lacs ou bloqués dans des mares d’eau , avec des risques de prélévement pour alimenter les lacs privés ou publics , de mortalité (poissons bloqués à la descente du niveau de l’eau).Malgré le fort débit sur cette partie de la rivière, de nombreuses zones plus calmes correspondent  parfaitement pour l’équilibre de ces espèces. la tanche a une croissance très lente également. 

 

  • Le mauvais  état  de cette rivière sur le bassin du perche Sarthois , rend fragile l’ensemble de la biodiversité  par la qualité chimique de l’eau, la forte dégradation des supports de ponte (substrats et végétation), les pollutions en amont, les forts risques de braconnages sont à prendre en compte également. Le cheptel de beaucoup d’espèces est  en très forte baisse , de préserver ce lieu comme beaucoup d’autres est devenue indispensable pour protéger les espèces piscicoles. 

 

Protection des milieux humides:

 

Le code de l’environnement :  Source LIEN 

Article L211-1
 

I. – Les dispositions des chapitres Ier à VII du présent titre ont pour objet une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ; cette gestion prend en compte les adaptations nécessaires au changement climatique et vise à assurer :

1° La prévention des inondations et la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides ; on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ;

2° La protection des eaux et la lutte contre toute pollution par déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects de matières de toute nature et plus généralement par tout fait susceptible de provoquer ou d’accroître la dégradation des eaux en modifiant leurs caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques, qu’il s’agisse des eaux superficielles, souterraines ou des eaux de la mer dans la limite des eaux territoriales ;

3° La restauration de la qualité de ces eaux et leur régénération ;

4° Le développement, la mobilisation, la création et la protection de la ressource en eau ;

5° La valorisation de l’eau comme ressource économique et, en particulier, pour le développement de la production d’électricité d’origine renouvelable ainsi que la répartition de cette ressource ;

6° La promotion d’une utilisation efficace, économe et durable de la ressource en eau.

Un décret en Conseil d’Etat précise les critères retenus pour l’application du 1°.

II. – La gestion équilibrée doit permettre en priorité de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l’alimentation en eau potable de la population. Elle doit également permettre de satisfaire ou concilier, lors des différents usages, activités ou travaux, les exigences :

1° De la vie biologique du milieu récepteur, et spécialement de la faune piscicole et conchylicole ;

2° De la conservation et du libre écoulement des eaux et de la protection contre les inondations ;

3° De l’agriculture, des pêches et des cultures marines, de la pêche en eau douce, de l’industrie, de la production d’énergie, en particulier pour assurer la sécurité du système électrique, des transports, du tourisme, de la protection des sites, des loisirs et des sports nautiques ainsi que de toutes autres activités humaines légalement exercées.

 

 

L’équipe de l’A.B.D.F 

 

 

 

 

 

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